L'architecture paysagère possède une longue et riche histoire, reflétant l'évolution des valeurs, les progrès technologiques et les priorités culturelles qui se sont succédé au fil du temps. Alliant art, science et respect de l'environnement, cette discipline remonte à plusieurs milliers d'années, aux premières civilisations, où les espaces extérieurs étaient conçus pour être fonctionnels, esthétiques et symboliques.

Les premiers exemples d'aménagement paysager sont apparus dans l'Égypte antique, en Perse, en Chine et en Mésopotamie. Ces paysages aménagés ont été construits autour de temples, de palais et d'espaces communs. En Égypte, les jardins symbolisaient le paradis et le renouveau. Ils incluaient souvent des piscines, des arbres et des plantations symétriques pour refléter l'harmonie avec la nature. De même, les anciens Perses ont créé des jardins d'inspiration classique avec des tracés carrés et des éléments aquatiques qui incarnaient le paradis sur terre. 

Les Grecs et les Romains ont perfectionné l'art de l'aménagement paysager. En Grèce, les bosquets et jardins sacrés étaient des lieux de socialisation et d'apprentissage. Les jardins des villas romaines, avec leurs allées ombragées, leurs fontaines et leurs statues, offraient des espaces paisibles propices à la discussion et aux loisirs. 

Les Romains ont également développé des systèmes d'arrosage sophistiqués, permettant la création de jeux d'eau complexes dans les espaces publics et les jardins privés. Ils ont créé des parcs urbains et des thermes, qui ont inspiré les parcs publics actuels.

En Asie, l'aménagement paysager s'est développé pour devenir un art raffiné. Les jardins chinois mettaient l'accent sur l'harmonie avec la nature, utilisant des lacs, des rochers, des plantes et des pavillons pour symboliser les montagnes, les rivières et le cosmos. Influencés par ces principes, les jardins japonais privilégiaient la simplicité et le calme. Ils comportaient du sable, des pierres et des petits ponts pour encourager la méditation et la réflexion spirituelle. 

Pendant la Renaissance européenne, l'architecture paysagère a prospéré. Les jardins de la Renaissance italienne mettaient l'accent sur la symétrie, la perspective et l'ordre, conformément aux traditions romaines. Les célèbres jardins de la Villa d’Este en sont un parfait exemple.

Le XVIIIe siècle a été marqué par une évolution vers des motifs naturalistes en Angleterre. Des pionniers tels que Lancelot « Capability » Brown et Humphry Repton se sont éloignés des conceptions formelles et rigides. Ils ont plutôt créé des paysages avec des pelouses vallonnées, des lacs et des plantations éparses qui imitaient la campagne naturelle. Ce style s'est répandu dans le monde entier et a inspiré des projets tels que Central Park à New York, conçu par Frederick Law Olmsted et Calvert Vaux en 1858. 

L'architecture paysagère moderne a émergé au XXe siècle. Elle combinait conception durable, écologie et urbanisme. Aujourd'hui, les paysagistes créent des espaces qui favorisent la biodiversité, gèrent les eaux pluviales et rendent les villes plus durables, en conciliant esthétique et avantages environnementaux.